Poppy en couverture de Metal Hammer : retour sur l’interview exclusive
Poppy revient en couverture de Metal Hammer comme une héroïne de film étrange qu’on aurait suivie depuis ses débuts YouTube jusqu’aux plus grandes scènes metal du moment. L’article la présente en plein tourbillon : un jour dans un hôtel anonyme de Los Angeles, le lendemain dans un avion entre deux dates de la tournée « Constantly Nowhere », toujours en transit, jamais vraiment posée. Elle parle de ce sentiment d’être « constamment nulle part », coincée entre deux avions, deux chambres d’hôtel, deux versions d’elle‑même, tout en essayant de garder la main sur le personnage Poppy qu’elle a créé.
On sent à quel point la Poppy de 2026 n’a plus rien à voir avec la poupée robotique qui murmurait « I’m Poppy » en boucle sur YouTube. Elle se souvient de ces premières vidéos comme d’une performance presque théâtrale : look glacé, ton monocorde, Bible à la main, et cette impression de ne jamais vraiment savoir où s’arrêtait la blague. Peu à peu, la frontière entre le personnage et la personne s’est déplacée, notamment avec ses albums I Am Poppy, Negative Spaces puis Empty Hands, où les textes parlent de relations destructrices, d’angoisse et de reconstruction sur fond de guitares lourdes et de screams façon hardcore. Elle explique que ces chansons, souvent écrites comme des exorcismes, ont été sa façon de reprendre du pouvoir sur sa propre histoire après plusieurs années compliquées.
Le papier revient aussi sur son show Veeps Improbably Poppy, un cabaret surréaliste diffusé en octobre 2024. Imagine un croisement entre un programme Adult Swim à 3 h du matin, un spectacle de marionnettes déglingué et un concert bruitiste : sketches violents, humour tordu, références absurdes et un bestiaire de créatures bizarres, dont le fameux Mr Scib, la marionnette jaune qui l’accompagne. À travers ce personnage, Poppy démonte les rumeurs débiles qu’on colporte sur elle depuis des années, en particulier celles qui sexualisent son corps, et retourne tout ça en comédie noire. Elle le dit clairement : les marionnettes sont des extensions d’elle‑même, un moyen de parler de choses très intimes tout en gardant une couche de fiction protectrice.
Ce qui traverse tout l’article, c’est ce mélange de vulnérabilité et de contrôle. Poppy raconte qu’elle tient des journaux intimes depuis plus de vingt ans et qu’une bonne partie des paroles d’Empty Hands vient directement de ces carnets. Elle insiste aussi sur son duo créatif avec le producteur Jordan Fish (ex‑Bring Me The Horizon), qui l’aide à transformer ces pages personnelles en véritables uppercuts sonores sans jamais lui voler sa vision. On comprend que certains morceaux ont été des déclencheurs, comme « I Am Poppy » ou « May We », qui l’ont aidée à assumer complètement cette identité mouvante, à mi‑chemin entre artiste pop, frontwoman metal et performeuse conceptuelle.
Metal Hammer la replace dans tout son parcours récent : collaborations avec Bad Omens sur « V.A.N », apparition monstrueuse sur « Suffocate » de Knocked Loose, et tournées avec Bring Me The Horizon qui l’ont imposée comme une figure incontournable de la nouvelle génération heavy. Sa voix est capable de passer d’un chuchotement presque enfantin à un scream viscéral qui ferait rougir pas mal de groupes extrêmes, et c’est cette capacité à tout encaisser – des breakdowns hardcore aux refrains ultra pop – qui fascine autant les fans que la presse.
L’article se termine sur ce que Poppy prépare pour 2026 : la sortie d’Empty Hands, signé chez Sumerian, et une énorme tournée en invité spécial d’Evanescence en Europe et au Royaume‑Uni, avec un passage prévu à Paris en septembre. Imaginer Poppy ouvrir pour Amy Lee, dans des arènes pleines à craquer, donne clairement l’impression qu’on assiste à un croisement de générations : la reine du goth metal face à la mutante cyber‑metal qui refuse toujours de choisir une case. Metal Hammer résume très bien le sentiment général : Poppy n’est plus seulement une curiosité internet, mais une des artistes les plus excitantes du moment, quelqu’un qui peut hurler sur scène, écrire des textes ultra personnels et lancer une émission de marionnettes complètement barrée… tout en restant, coûte que coûte, elle‑même, 100% du temps.


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